Apprendre à apprendre - retour sur l'expérience

Publié le par Mylène Grenier

Lorsque j'ai accepté cette mission, il était convenu avec la responsable pédagogique que j'anime un module "apprendre à apprendre" auprès de demandeurs d'emploi devant prochainement intégrer une formation qualifiante.

Je me suis rendue sur deux sites, l'un dans Lyon, l'autre dans une banlieue Est de la ville.

Avec le groupe lyonnais, le module a correspondu à ce qui avait été annoncé jusqu'au dernier jour. En effet, lors de l'ultime séance, deux nouvelles personnes se sont présentées. L'une d'entre elles n'avait pas de projet de formation et s'est donc demandée ce qu'elle faisait dans cette salle ! L'autre aurait bien voulu bénéficier du module complet...

Quant au "groupe" de l'Est lyonnais, les séances ont été folkloriques. Je m'explique :

Séance n°1 : trois personnes sur sept attendues.

Parmi les présents, le projet de l'un est d'attendre la retraite, une autre envisage d'intégrer un CAP à la rentrée 2016 et un dernier veut trouver une formation pour rentrer dans l'armée.

Je conviens avec le premier stagiaire que le module "apprendre à apprendre" ne lui est pas d'une grande utilité. La jeune femme a quelques difficultés à comprendre le français et ne le parle pas du tout. Difficile, dans ces conditions, qu'elle trouve un intérêt à la formation que j'anime... Quant au troisième stagiaire, après avoir posé quelques questions, il en arrive à la conclusion qu'il va réfléchir à la faisabilité de son projet, ce dernier étant effectivement d'intégrer l'armée, mais pour préparer à manger aux enfants de militaires...

Séance n°2 : à 9h, horaire de début de la formation, personne.

À 9h10, je vois arriver une jeune femme dont le nom ne figure pas sur la liste d'émargement. Après quelques recherches, il s'avère qu'elle intègre le cursus aujourd'hui. 9h20, pas d'autres stagiaires, ce sera donc un cours particulier !

Je fais connaissance avec cette nouvelle stagiaire. Elle m'explique qu'elle souhaite intégrer une formation d'agent de restauration, mais qu'elle a échoué trois fois aux tests d'entrée. Je creuse un peu la question et commence à m'interroger sur l'intérêt de lui proposer une séance "apprendre à apprendre". Son besoin est clair : "faire du français pour que les gens comprennent ce que j'écris".

Bon, je décide donc d'oublier la séance prévue sur la place de la motivation dans le processus d'apprentissage et je mets ma casquette de formatrice de français. En quelques minutes, je comprends que ce dont cette dame a besoin, c'est d'une formation pour apprendre à écrire, pas d'un module pour apprendre à apprendre...

La suite...

Elle se fera sans moi. Je ne m'étais engagée que jusqu'en juillet. La manière dont ce cursus est mis en oeuvre ne correspond pas à mes valeurs.

Je trouve qu'il n'y a pas de sens à proposer un module "apprendre à apprendre" à des personnes qui ont besoin soit de définir leur projet professionnel, soit d'apprendre à maîtriser les bases de la langue française.

Cela me donne l'impression que les stagiaires sont pris pour des pions que l'on place dans l'une ou l'autre des formations programmées en partant du principe que ça leur servira bien à quelque chose...

Faire la différence entre les mots et les syllabes

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