Accompagner la lecture cursive

Publié le par Mylène Grenier

Le contexte

Au collège, les professeurs de français demandent aux élèves d'étudier des œuvres complètes. Cette lecture cursive n'est pas réalisée en classe, mais à la maison et l'activité se termine par une évaluation visant à déterminer le niveau de compréhension des apprentis lecteurs.

Pour ceux qui sont déjà à l'aise avec la lecture et la compréhension de textes longs, cette activité ne pose guère de problème, tout au plus un engouement plus ou moins vif selon le livre choisi par le professeur. En revanche, pour des élèves rencontrant des difficultés ou n'aimant pas lire, cet exercice peut être mal vécu.

La démarche

C'est le cas d'un jeune garçon dont la scolarité se passe bien, mais qui ne parvient pas à obtenir la moyenne en lecture cursive. Du coup, il s'estime "nul en français".

La prise de conscience

Nous avons débuté notre travail par prendre le temps de chercher à comprendre où se situaient ses difficultés. Cela lui a permis de prendre conscience qu'il ne parvenait pas à rédiger des notes efficaces et qu'il avait parfois du mal à comprendre les subtilités ou les éléments implicites d'un texte. De plus, lorsque l'intrigue est complexe ou s'il y a beaucoup de personnages, il a tendance à confondre certains évènements voire à faire des contresens.

La structuration

Notre travail s'est alors orienté vers la mise en place d'une technique de prise de notes qu'il était capable de s'approprier. Il a choisi de tenir :

  • Une fiche récapitulant les informations sur les lieux où se déroule l'action ;
  • Une fiche par personnage significatif regroupant trois rubriques (description, liens et informations) ;
  • Une fiche qu'il a nommé "scénario" et qui correspond au résumé des évènements.

L'expérimentation

Je lui ai ensuite proposé une lecture dirigée dont le principe est le suivant : il lit un passage à voix haute et s'interrompt lorsqu'il souhaite noter un élément sur l'une des deux premières familles de fiches. À la fin de chaque chapitre, il rédige un court paragraphe pour résumer l'histoire.

La lecture à voix haute représentait un effort et il lui a été parfois difficile d'accepter ses hésitations. Elle m'a permis en revanche de rapidement percevoir ses difficultés de compréhension. J'intervenais alors le plus sobrement possible pour l'aider à trouver une piste de résolution. Je n'ai pas hésité non plus à lire quelques passages. C'était l'occasion de travailler la compréhension orale et cela a participé à son envie de "connaître la suite".

Les effets

Peu à peu, j'ai lu de moins en moins et ne suis presque plus intervenue. Il a pris confiance en sa capacité à prendre des notes et a même avoué que finalement, "c'est pas si nul de lire" !

 

Publié dans formation, francais

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